

La vie mobile des nomades impose une habitation facilement transportable. Les nécessités du mode de vie imposent aussi que cette structure soit solide. Pour les pays froids, elle doit aussi protéger des rigueurs hivernales et bien résister aux vents.
Ce cahier des charges déboucha sur plusieurs types d'habitations allant du tipi, amérindien ou tsataan, à la yourte que nous connaissons actuellement.


L'erreur, souvent réalisée, est d'assimiler la yourte à une tente. Une yourte n'est pas une tente et la langue mongole fait bien la différence entre ces deux hébergements.
La tente est une toile de fibres animales ou végétales tendue sur des poteaux. Le tissage de la toile est plus ou moins serré suivant la latitude et la pluviométrie. La rigidité de l'ensemble et la tension de la toile sont obtenus par un système de haubanage et de piquets fichés en terre. La tente est sensible au vent et, avec des matériaux traditionnels, protège très peu du froid. Se montant et se démontant en quelques instants, elle est un habitat ponctuel qui n'est ni meublé ni chauffé. Cette structure est légère et ne possède pas de porte.
La yourte n'est pas rigidifiée par des haubans et piquets mais posée sur le sol. C'est une structure plus lourde pesant de 300 à 600 kg pour les tailles courantes. La yourte n'est jamais montée pour une simple nuit, contrairement à la tente, mais pour un délai allant de quelques semaines à quelques mois. La yourte est un habitat meublé, chauffé et doté d'une porte rigide (dans les temps anciens, un épais panneau de feutre brodé ou non) .







La yourte, et ses variantes, n'est pas apparue soudainement. Elle résulte d'une longue évolution, de l'accumulation, génération après génération, d'améliorations aboutissant à ce que nous connaissons actuellement.
Rechercher le lieu d'apparition des premières yourtes dans telle ou telle région d'Asie serait, nous semble t'il, fausse approche et pure supputation. Affirmer que la yourte, et le tipi, sont des adaptations de l'Homme à un milieu précis et la meilleur réponse trouvée à un ensemble de contraintes climatiques et nomades données est, par contre, une certitude.
Les yourtes que nous connaissons actuellement sont relativement uniformisées et normalisées. L'accès aisé à un outillage moderne et la période collectiviste en sont sans doute la raison principale. Les yourtes mongoles des temps anciens ne connaissaient pas cette uniformisation et impose de différencier les yourtes des Khans, princes ou autres seigneurs, de la yourte du nomade ordinaire.


À l'image des chateaux de nos familles royales ou seigneuriales, les yourtes des puissants de l'Asie nomade sont le symbole de leur pouvoir et de leur légitimité. Elles se doivent d'être spacieuses, imposantes, luxueuses et affichent la puissance du suzerain aux yeux de son bon peuple. Souvent, si ce n'est toujours, ces yourtes sont montées sur une énorme télègue tirée par des bovins. Sa position dominante et la durabilité de sa construction affermissent la symbolique du pouvoir et sa permanence. L' Histoire Secrète des Mongols mentionne ces télègues. Guillaume de Rubrouck décrit une télègue tirée par 22 bovins et nombreuses sont les chroniques décrivant ces charrettes.







A l'opposé, avec toutes les variantes de taille, d'ornementation ou d'exhibition de la richesse qui peuvent exister, la yourte de l'homme du peuple est d'une simplicité et d'une rusticité extrême. Les outils spécialisés sont rares, chers et financièrement inaccessibles. C'est aussi le cas des artisans suceptibles d'être mandés pour ces travaux de charpentage.
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