

Avec 1600 km de long et plus de 1.5 millions de km², le Grand Gobi est grand comme l'Alaska et représente trois fois la France...
Pendant 65 millions d'années, cette région est restée désertique, aride, invariable, inchangée. La continuité des temps géologiques s'est ici arrêtée.
Pendant 65 longs millions d'années, des vents féroces, venant de la proche Sibérie, parfois de régions plus clémentes, ont soufflé, abrasé, arraché des tonnes de rochers, grain à grain, poussière après poussière puis, millimètre après millimètre, ils ont déplacé ces tonnes de particules qu'ils créaient. Sous la violence des éléments, si froids en hiver, si chauds pendant le court été mongol, la multitude des grains s'entrechoquent et unissent leur cri douloureux dans un sourd vrombissement que même l'humain arrive parfois à entendre.
Situé aux frontières naturelles de notre planète, ce monde, en des temps reculés, fût seulement peuplé de dinosaures dont les ossements et les oeufs fossilisé réapparaissent maintenant au gré des érosions. Longtemps il ne fût habité que par quelques nomades. Maintenant, il est visité par d'infatigables touristes et par les expéditions scientifiques à la recherche de fossiles...







La plus grande partie du sud de la Mongolie et les provinces mongoles du nord-ouest de la Chine sont occupées par le désert de Gobi. Ce mot, dans notre langue, désigne une place aride, infertile, désertique. Nous autres, Mongols, ne voyons pas un seul Gobi mais 33 types différents, déterminés par le type, la nature du sol, du relief et par la végétation clairsemées qui peut y pousser. Un gobi peut être aride, désertique et présenter un ensemble dunaire comme au Khongoriin Els mais ces ensembles sont rares car les sables ne représentent que 3 % du territoire national. Un Gobi peut aussi être rocailleux, montagneux ou un simple bassin argileux. 4 aïmags ont le mot Gobi (Gov) dans leur appellation: Omnogov, le gobi du sud, Dornogov, le gobi de l'Est, Gov Altai, le gobi de l'Altaï, Dundgov, le gobi du milieu...Dans les temps anciens, nous appelions ce désert "Shamo"...
Marco Polo, dans le livre des merveilles, fût le premier occidental à avoir parlé du grand Gobi mongol. Il écrivait: "Je vous dis que ce désert est grand. On dit qu'il faut un an pour le traverser. Il y a des sables, des steppes partout, et pas de nourriture... Il n'y a ni bêtes, ni oiseaux car il n'y a rien à manger..."
Écrite en l'an 500, la description d'un chroniqueur chinois fût plus terrible encore. Comme Marco Polo, il remarquait l' absence de vie animale: " Il y avait un grand désert devant nous. Il était peuplé d'énormes méchants démons; des vents violents brûlaient les hommes osant y pénétrer. De tous les voyageurs qui passèrent par ces lieux, personne ne revint car tous périrent. On ne peut y voir d'oiseau dans le ciel ni de bêtes sur la terre... On ne sait comment traverser car il n'y a pas de chemin. Les seuls indicateurs sont les os des voyageurs morts ici..."







Les descriptions effectuées maintenant sont moins terribles, plus réalistes mais la fascination exercée par le Gobi du sud reste inchangée. Qui n'a pas visité ces lieux ne peut comprendre les impressions et les émotions éprouvés à contempler ces terres désertiques sous un ciel étoilé qu'on ne peut trouver qu'au Gobi...
Le but de notre voyage était, entre autre, de visiter Hermenn Tsav et le monastère de Demchigiin Khiid. Ce but nous faisait passer par les dunes de Khongor et la vallée du Yol.
Ayant le temps, nous n'avions pas véritablement planifié la durée de notre voyage et nous arrêtions en camps de yourtes pour touristes ou pour bivouaquer suivant notre bon vouloir. Ces arrêts se faisaient environ trois heures avant la nuit. Nous avions particulièrement bien préparé les véhicules en les chargeant d'essence, de bagages et nourriture pour plusieurs jours. Ce choix nous laissait une grande liberté d'itinéraire. Celà était important pour nous.







L'alimentation et l'eau ne furent jamais un problème car le gobi recèle une multitude de sources. Il est aussi toujours possible d'acheter un mouton aux nomades rencontrés sur la piste. S'alimenter avec cette viande superbement aromatique est autrement plus plaisant que de se nourrir de conserves ou de soupes en boites...
Pour allumer notre feu, nous utilisions les cartons qui servaient d'emballage à nos pommes de terre et aux divers légumes que nous avions apporté. il est agréable, l'été, dans le Gobi, de manger des pastèques ou melons d'eau. En apporter fût aussi une bonne idée.
La lessive et l'hygiène ne posent pas de problèmes car il est toujours possible de se laver ainsi que les T-shirts et autres près d'une source. Pour ne pas perdre de temps avec la vaisselle, nous avions emporté des assiettes en papier. Tout comme les cartons, elles servirent aux allumages de feu.







Les fruits de l'expérience nous a permis de trouver une multitude de petites combines nous permettant d'organiser rapidement et confortablement notre campement quelque soit l'heure de la journée.
Pour la route, nous avions 1 Waz diesel et 1 Isuzu à essence. Le Waz montra rapidement sa suprématie dans ces terrains et conditions difficiles. Il présentait l'avantage de ne pas chauffer et ses capacités de franchissement furent supérieurs à l'Isuzu. Il nous est arrivé d'avoir des températures supérieures à 38°c. Liées à la faible qualité des essences, ces températures faisaient chauffer l'Isuzu et nous posèrent problèmes. Les Waz fonctionnant au gas-oil ne posèrent aucun problèmes et travaillèrent toujours bien, même à bas régime.
Dans chaque véhicule, nous conservions deux jerricans bourrés de carburant ainsi que deux roues de secours en cas de crevaison sur des branches sèches de saxaouls. La régulation des pressions pneumatiques étaient assurées par deux pompes à pied.
Faire un raid sans prendre de système d'orientation par satellite est un choix volontaire. Il est d'abord important de ne pas miser sa vie sur la technologie et, regardant toujours cet appareil, le voyageur perd le contact avec les habitants et leur milieu. Les GPS présentent un autre inconvénient, ils vous donnent un cap mais ne tiennent pas compte des accidents du terrain et des bosquets de saxaoul. Comme les anciens voyageurs, nous avons donc utilisé le soleil et l'aide des nomades rencontrés pour nous orienter. Grâce à leurs indications, nous avons pu découvrir de nombreuses ruines de monastère et des panoramas intéressants.
Suivre une piste impose de l'attention car elle peut furtivement s'éloigner de la direction pour vous mener à un cul de sac ou au milieu de nulle part. Vous aurez fait 100 inutiles kilomètres avec l'impossibilité de prendre un chemin de traverse pour retrouver votre piste initiale. Il nous est arrivé de perdre la piste et après une longue distance, nous avons eu le plaisir d'arriver à... un abreuvoir ! ! !...







Le off-road en Mongolie est très aisé. Les steppes et sables durs sont alors les conditions idéales pour ouvrir de nouvelles pistes dans cette nature sauvage. En suivant les traces des automobiles, il est possible de trouver des places incroyables et splendides. Sur un sol aride et sec, existe parfois des traces datant de l'année précédente. La steppe mongole permet parfois de rouler à grande allure mais il est plus raisonnable de suivre les pistes. Elles évitent les terrains fangeux, les mottes et les terrains impénétrables encombrés de saxaouls.
Les branches de Saxaoul sèches et aiguisées sont dangereuses car elles percent les pneus facilement. Il faut donc prêter une attention soutenue à l'état de la piste. Plus la célérité de votre véhicule est importante, plus la destruction de votre pneumatique peut être grande et arriver à sa destruction complète.
La magie du Gobi est grande. Il y a d'abord l'euphorie de conduire sur des routes en terre. La dextérité nécessaire pour passer les passages difficiles, se glisser sur des sables avec la vitesse appropriée, jouer de la boite de vitesse pour arracher le véhicule d'une zone difficile procure de grandes joies. Comme me le signala un ami: "le Gobi lave et aère la tête..."
La poussière est la compagne constante d'un voyage en Gobi. Elle pénètre partout et impose de protéger le matériel. Enfermez donc vos matériels photographiques, caméras et films ainsi que tous ces petits matériels sensibles dans des boîtes hermétiques. C'est plus sûr. Le climat sec et la poussière sont aussi durs pour la peau. Une amie française fit une longue promenade avec des sandales par 38 c. Le lendemain, elle avait des gerçures douloureuses et nous utilisâmes des onguents pour la traiter. La prévention de ce genre de problèmes est très facile. Se laver les pieds pour ôter la poussière. Porter des chaussettes 100% coton et surtout... pour les longues marches, utilisez des bottines et pas des sandales...










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